AILLEURS LAND - Caroline Sattler
        
AILLEURS LAND
La marche est une traversée du paysage. C’est une humble immersion dans la nature, se frayant un chemin vers soi ou vers les autres, à la fois détour pour se rassembler et ouverture vers le monde ou au contraire, fascination pour les horizons inconnus. La marche est une dérobade, un pied de nez à la modernité. Elle introduit la sensation du monde, elle en est une expérience pleine laissant l’homme l’initiative. Elle est une méthode tranquille de ré-enchantement de la durée et de l’espace. C’est un état d’esprit, une humilité heureuse devant le monde, une expérience de la liberté, une source inépuisable d’observations et de rêveries, une jouissance heureuse propice aux rencontres inattendues, aux surprises.


L’ailleurs est tout ce qui n’est pas ici...


Ces photographies constituent une invitation au voyage. Elles montrent une position de l’homme face à son environnement, face à l’immensité. Elles constituent une fenêtre sur le monde qui l’entoure et que le spectateur complète mentalement. C’est une vision poétique : des lieux vous transportent, des ambiances vous remplissent d’émotions.


Le paysage est une forme de rapport au territoire, un rapport d’horizon : le paysage est un horizon, une étendue désirable qui tout en étant à distance, demande à être rejointe, et qui au fur et à mesure que l’on s’en approche tend à s’éloigner. L’horizon constitue cette limite entre la terre et le ciel, et cette limite est floue : la terre et le ciel se confondent dans une similitude de valeurs. L’horizon une zone indéfinie, de mélanges et de dissolutions.


Il n’est pas de paysage sans perception, sans constructions mentales et la notion de cadre est indissociable du paysage, dans le sens où c’est notre regard qui le constitue; tout naturellement le regard découpe et sélectionne. Le format carré est un format neutre qui accorde toute sa valeur à la composition. Ici, le ciel est montré avec importance. Les paysages sont épurés. Il y a peu de traces de présence humaine, parfois quelques éléments : une route, une jetée, une digue…


Dans ces paysages, le temps semble suspendu. On est hors du temps, hors des rythmes du présent.

Ici est l’Ailleurs, rendu possible par la marche...
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